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Bilan : 1 an à Montreal




COURTE INTRO POETIQUE


Le 31 juillet 2021, j’ai fêté mes 1 an à Montréal et même si je suis ravie et que clairement j’ai vécu une très belle année super enrichissante et remplie de découvertes, je dois dire qu’au final, cette année aura été aussi animée par des hauts et des bas, notamment à cause de la pandémie mondiale qui a fait prendre un tournant à mon expatriation que je n’imaginais pas forcément ainsi. Après, il est vrai que même sans ça, il est assez rare quand on part à l’aventure que les choses se déroulent exactement comme on l’avait prévu.


Je vais commencer par le positif, puis aller de plus en plus dans des choses sous jacentes qui ne sont pas forcément négatives pour autant, mais plutôt des réflexions ou des ressentis que j’ai pu avoir cette année , des choses que j’aurai imaginé plus simples ou tout simplement autrement. Puis, je vais finir avec 2 gros points négatifs : les procédures d’immigration pour rester depuis la réforme de juillet 2020 et le système de santé au Quebec.

Je vous dirai aussi ce que j’envisage pour la suite. Rester à Montréal? Aller dans un autre pays ? Revenir en France ?


Bon, on en est pas encore là. Déjà, je voudrai commencer par introduire cet article en présentant mon lieu d’écriture du jour. Rien de plus simple que ma terrasse, qui est un lieu d’écriture idéal et reposant. Le soleil se couche doucement, le ciel est rose, la brise est légère.

Il ne fait ni trop chaud, ni trop froid, mes voisins font des barbecues, les écureuils passent dans les branches au dessus de ma tête, je suis entourée des mes chats et de mes petites plantations.

Je respire un bon coup, je peux le dire, je suis épanouie depuis que je suis ici, je ressens quelque chose de spéciale. Je me sens bien, à ma place et ça faisait un moment que ce n’était plus le cas en région parisienne. J’aime ma nouvelle vie, vraiment.


Est-ce que j’aime toujours autant Montréal après 1 an ? (référence à l’article de bilan des 3 mois)


Oui, mon avis n’a pas changé. Montréal est toujours une ville multiculturelle et cosmopolite.

C’est une ville où il fait bon vivre, où les gens sont gentils, où on se sent en paix aussi bien en tant que femme, qu’en tant qu’homme. Montréal est belle sous ses 4 saisons, surprenante avec ses ruelles vertes, ses commerces bobo, sa belle architecture dans certains quartiers, ses murales, ses écureuils et ses parcs.


Bref, je vais pas m’étendre là dessus, car clairement je pourrai décrire Montréal en long, en large et en travers pendant des jours tellement je l'aime et je pense qu'au final, je ne suis même plus objective.

Mais me concernant, Montréal répond à TOUTES les attentes que je peux avoir d’une ville. Elle et moi, le courant est tout de suite passé. Coup de coeur dès le début pour cette ville qui présente de la culture, des festivals, un cadre sécuritaire, vert, nature, plaisant, des beaux couchers de soleil, un accès au fleuve Saint Laurent, bien desservi en transports qui sont propres et qui fonctionnent correctement (coucou rer A, B et D, prenez-en de la graine svp.) Au delà de ça, c’est une ville animée avec toujours quelque chose à voir ou à faire et si à un moment donné, vous voulez couper avec la ville, rien ne vous empêche de partir en escapade, parce qu’à 1h30-2h00 de Montréal, on découvre encore de multitudes de choses et ce toutes les saisons.

Puis, maintenant que j’ai pu passer mon été sur les rooftops, dans les bars et dans les restaus, je peux vous assurer qu’il y a aussi un vaste choix d’endroits vraiment très sympas.

D’ailleurs tu peux retrouver mes petits guides sur mon insta perso : alex_au_quebec

dans la section guides.

Aller, seuls points négatifs de la ville : les drogués (on se croirait dans the walking dead parfois) et les travaux partout, surtout l’été.


En tant que parisienne, je dois avouer que Montréal peut me rappeler Paris, mais seulement les bons côtés de Paris. (Euh par contre, oui qu’on se le dise, je reste entièrement amoureuse de la ville de Paris de son architecture, de son charme etc)


En fait c’est un Paris amélioré avec 100 fois plus de nature, où les écureuils ont remplacé les pigeons, les gens hautains et désagréables ont été remplacés par des gens gentils et accueillants et des mecs normaux et respectueux ont pris la place des relous qui nous suivent jusqu’à chez nous en nous demandant notre snapchat, alors qu’on a tous supprimé cette application depuis 2018. (si tu l'as pas fait, il est temps vraiment...!)

Ah oui, puis bon, même si les loyers ont considérablement augmenté à cause des maudits français (ceci est à prendre avec humour ,merci), ces 5 derniers années, on peut quand même vivre en plein coeur de la ville dans des endroits agréables avec une bonne superficie avec un salaire de prof. Sachant qu’avec mon salaire à Paris, si j’étais seule, je vivrai surement dans un 8m2 en train de regarder d'écrire dans mon lit qui donne sur ma cuisine, ma salle de bain et mon entrée en même temps.

Mais comme je suis en couple, je vivrai dans un 30m2 dans un arrondissement populaire pour 1300e de loyer. Bon bref, tout ça pour dire qu’ici, il est possible de vivre en plein coeur de la ville en vivant correctement.


Je finirai par dire qu’à Montréal, l’un des gros plus point positif, c’est que tu peux être qui tu veux, sans jugement aucun. Et avec cette merveilleuse transition du feu de dieu, on va passer à mon point n°2 : être une femme à Montréal vs une femme à Paris.


Qu’est-ce que ça change d’être une femme à Montréal ?


Pour certaines, pas grand chose, tout dépend de son vécu.

Personnellement, ici, j’ai tout simplement appris à être moi-même sans prise de tête, été comme hiver. Je passe de la fille bien sapée à la fille sapée comme un sac à patate en hiver avec son sac quechua et sa tuque. Et dans tous les cas, ben ça passe inaperçu.

Je me fais tellement jamais accoster qu’au début, je me suis même demandée si je plaisais ici.

Passons.


Ça peut paraitre comme des choses ridicules, mais ça m’a permis de passer le pas sur plein de choses comme : sortir sans soutien gorge; sortir en robe ou en jupe quand j’en ai envie, rentrer seule à 2h du matin à pieds, me sentir légère en tout temps, réfléchir à ce que j’ai envie MOI et pas à ce qu’on va penser de moi ou à est-ce qu’un relou va venir me parler.

Enfin une ville où je ne me ruine pas en uber le soir et où je n’ai pas peur de porter mon rouge à lèvre, de prendre le métro en robe et j’en passe. Ma plus grande peur étant le soir de croiser une moufette.

Vraiment, je me sens plus libre. Après peut être que j’aurai du oser plus à Paris et continuer d’ignorer les mecs ou de les envoyer chier, quoi que le dernier auquel j’ai osé répondre gentiment que non je ne voulais pas m’asseoir à côté de lui alors que le métro était vide (ligne 2, Paris), j’ai failli me faire taper et je me suis bien fait insulter et cracher à côté des pieds.


Bref, je veux pas faire ma beyoncé ou plutôt ma Shakira vu que je suis blonde (elle est blonde Shakira ?) mais en robe à Paris, ça pouvait aller jusqu’à 5 harcèlements par jour en passant du bisous kiss kiss de loin d’un homme à 7h du mat’ dans le RER D à celui qui te suit carrément dans la rue jusqu’à chez toi pour te demander tous tes réseaux sociaux etc.

Ici, je me sens libérée de tout ça, vraiment.

Alors, je sais que certaines filles ici ont déjà subi des regards ou même des sifflements. Il y a aussi du harcèlement de rue, même si je ne l’ai pas vécu, on m’a rapporté des choses. Ce n’est pas le monde des bisounours non plus et j'insiste sur cette phrase.

Tout comme il y a aussi des vols, des fusillades, même si c’est moins fréquent, ça existe.

Revenons à nos moutons, tout ça pour dire que j’ai l’impression que de manière générale les gens se respectent plus et sont plus tolérants ici.

Et pour moi, c’est un vrai changement positif et ça contribue au fait que je me sente bien ici.

Ceci est mon avis, tout le monde n’aura pas le même.


1 an d’expatriation plus tard, ça donne quoi au niveau des repères, des amitiés, de l’amour, de la vie ?


L’expatriation implique de reconstruire et repenser ses repères quotidiens.

Et si les choses comme trouver son commerçant ou son café favori sont assez faciles, au niveau des liens sociaux, notamment en temps de pandémie ça prend du temps de reconstruire et tisser des liens solides.

Mais je peux dire qu’au bout d’un an, j’ai rencontré de très belles personnes sur qui je peux compter et avec qui je passe du bon temps, si elles lisent cet article, je pense qu’elles se reconnaitront.

Pareil du côté de mon chéri. On s’est fait notre cocon amical et notre cocon chez nous dans notre appartement. On a trouvé nos repères et nos routines. (qu’on aime casser!)

Au niveau du boulot, si pour moi tout se passe bien, mon chéri a un peu de mal avec le fait de n’avoir quasi aucune vacances et j’avoue que même si les gens finissent plutôt tôt ici en général, c’est un peu une galère pour avoir des congés payés ou alors il faut prévoir le coup pour partir sans solde. Cela fait presque 1 an que mon chéri travaille non stop.


Au delà, de ça l’expatriation implique des nouveaux défis au sein du couple.

Déjà, parce que vous devenez le seul vrai repère de l’autre, vous savez CE repère, celui sans qui la vie ici n’aurait plus du tout le même sens, ni le même goût. Mais aussi parce que parfois les envies pour la suite ne sont pas les mêmes. L’un veut rentrer en France définitivement à la fin du permis jeune, pas l’autre. L’un veut aller ailleurs. Et vient se mêler à ça les épreuves de la vie, le manque de la famille et des amis.

C’est un vrai mélange de plein de choses. Pour cela, une seule chose à faire en permanence : la communication.

Une communication claire sans non dit et toujours avoir en tête de construire ensemble, même si cela implique des compromis (qui ne doivent pas être trop gros), cela implique une bonne écoute de l’autre et un bon équilibre des choses.

Puis, il y a aussi du moins bien.

J’en viens donc à quelque chose qui m’arrive moins souvent avec les sorties et l’été, mais qui m’arrive parfois 2 à 3 fois dans le même mois, à savoir, le coup de blues de l’expatrié.

(J’appelle ça comme ça mais c’est ma manière de nommer la chose, je sais pas si ça s'appelle vraiment ainsi, et d'ailleurs ce que je vais décrire m'est propre aussi.)


Le coup de blues de l’expatrié qu’est-ce que c’est ?


C’est un moment qui peut durer plusieurs heures et/ou plusieurs jours où plus rien ne semble avoir de sens, on se demande pourquoi on est parti si loin, on aimerait serrer sa famille et ses amis dans ses bras. On se sent seul, vraiment seul, comme submergé par une vague de solitude renforcée d’autant plus par les mesures sanitaires qui ont été en vigueur longtemps, trop longtemps durant cette année.

Ici, on a eu le couvre feu de janvier 2021 à mai 2021 variant de 18h à 21h couplé avec la totale interdiction de rassemblement dans les maisons/ appartement. Evidemment tous les cafés, restaurants etc : fermés.

Aucun endroit pour se rassembler pour voir des copines, à part dehors dans les parcs quand il faisait -10°c, donc je voyais 1 ou 2 copines mais jamais plus d'une heure, sans parler la nuit qui tombe à 16h00 en hiver.

Et c’est dur de lutter quand ça arrive ce coup de blues, on est déraisonné, on regarde les billets pour rentrer en France (puis on voit que ça correspond à toutes nos économies et on arrête vite haha).

Il faut juste attendre que ça passe, que cette phase de tristesse intense passe, l’accepter…

Dans ces moments là, on aimerait vraiment retrouver sa famille, l'éloignement devient dur. Il est vrai qu'au début, j'avais du mal à comprendre pourquoi certains revenaient définitivement en France à cause du manque de leurs proches, je le comprends maintenant totalement.


Autant dire que moi qui ait l’habitude d’être très entourée, je me suis sentie vraiment très très seule de décembre à février, période de noël, nouvel an et mon anniversaire et pourtant j’étais avec mon merveilleux chéri.

D'ailleurs, il n'y a que dans ces moments de blues que la France, le pays en lui même me manque. Sinon, évidemment mes proches et mes amis me manquent plus que tout, puis aussi le closet et doctolib.

La chance de l’expatrié


Il y a aussi une chose énervante et j’en avais parlé sur un post instagram. Et ce n’est pas forcement négatif, mais c’est un fait un peu agaçant.

Le fait qu’on te rappelle tout le temps dans n’importe quelle situation, que tu sois triste ou non que TOI, tu as de la chance. Toi tu peux faire du chien de traineau, partir en chalet, voir des choses que les autres ne voient pas, que t’as de la chance d’être là où tu es et que pour cette raison, ben évite de te plaindre, même quand t'es triste.

C'est quoi cette loi qui dit que quand tu pars t'as plus le droit d'être triste ?


Spoiler alert : l’expatriation n’est pas une chance, l’expatriation est un projet que tu construis de A à Z par toi-même ou à 2, par tes propres moyens, qui demande d’être organisé, d’être persévérant et de bosser parfois 3 fois plus pour économiser Alors, si tu en as envie, toi aussi, tu peux faire ce que tu veux de ta vie. Alors stop d’envier les gens et bouge toi.

Pour finir cet article qui s’éternise, si on parlait de la suite de mon expatriation ici. Car oui, nous sommes en route pour 1 an de plus puisque nos permis se périment au 30 juillet 2022, ce qui signifie que c’est la date à laquelle nous devons quitter le territoire.


Alors la suite ? Rester ici ? Retour en France ?


Oui, c’est quoi la suite ? Gros point d'interrogation.

A l’heure où j’écris, j’en ai strictement aucune idée. Mon permis de travail expire au 30 juillet 2022 et il n’est pas renouvelable. Ma commission scolaire refuse de me faire un permis fermé exempté d’EIMT, car ils ne sont sois disant plus en pénurie donc cette option n’est pas envisageable.


Pour rester, on pourrait refaire un permis jeune pro avec l’entreprise de mon copain, s’ils sont d’accord, mais pour le moment on tente de passer par le programme des travailleurs qualifiés (PRTQ). Un programme qui permet d’obtenir son CSQ plus vite (rappelons qu’avec la nouvelle réforme on ne peut demander son CSQ qu’au bout de 24 mois de travail), mais c’est un programme à points, il faut passer des tests de français très couteux et il faut s’armer de patience pour être sélectionné dans les rondes d’invitations. On ne sait pas si ça va marcher... donc à voir.


Pour le moment, on pense tenter de faire les démarches pour rester ici.

Si cela n’aboutit pas, nous verrons si nous partons en Ontario ou si nous rentrons en France, mais pour nous installer ailleurs qu’en région parisienne.

Cette année qui arrive sera donc décisive, affaire à suivre.


Le point noir du Quebec : la santé


Alors si tout est plutôt très sympa ici, il y a quand même une chose qui me fait hésiter à m’installer ici pour de bon, c’est le système de santé. En tant que personne en permis jeune pro, j’ai la RAMQ et pourtant comme les PVTistes, je suis souvent obligée de passer par globe PVT pour me faire rembourser des consultations sur mapple (plateforme où tu peux avoir un médecin en visio dans l’heure pour 120$). Tout simplement, parce que trouver un médecin ici est une épreuve de Koh Lanta.

Les urgences sont débordées, il est quasi impossible de voir un médecin traitant rapidement, même dans les cliniques sans RDV, il faut prendre RDV la veille et souvent il y a un rdv téléphonique avant pour voir si on a vraiment besoin de venir.

Si tu n’as pas de soucis bien grave, tu peux trouver des solutions, notamment en te tournant vers les pharmacies avec des pharmaciens qui sont toujours de bons conseils et beaucoup de médicaments sont en vente libres.


Toutefois, si tu commences à avoir un problème de santé un peu plus grave ou qui implique d’être surveillée ou de faire des analyses régulières avec un vrai suivi, ben là ça se complique.

Il n’est pas possible de voir un gynécologue, à part si grossesse. Il y a plus d’un an d’attente pour les gastro entérologues ou les dermatologues au public, enfin en gros, les spécialistes.

Les soins dentaires ne sont pas pris en charge par la plupart des mutuelles et sont extrêmement couteux.

Bref, oui il y a une sorte de système comme la sécurité sociale, mais si tu veux être pris en charge rapidement, il faut passer par le privé où les consultations commencent à partir de 600$.

J’avoue que face à ça, doctolib, my best friend de mon hypocondrie me manque beaucoup.


C’est tout pour cet article à rallonge. (enfin comme toujours en fait)

A bientôt !

On se retrouve pour parler de mes mois sans gluten ?


 

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